“Pour nous, c’est une richesse de vie familiale” – Suzon & Jean2019-01-28T20:06:26+00:00

Project Description

“Le lien dure toujours, soit au cours de repas en famille réguliers chez nous avec nos enfants, grands et petits, soit des séjours en montagne, au sein d’une vie de famille du quotidien partagé.”

Suzon & Jean
70 ans – Psychologue pédagogue petite enfance & directeur de recherche au CNRS sociologie du travail

Pourquoi accueillir et suivre des enfants mineurs venus d’Afrique noire ?

Cela a commencé par des échanges entre copines au sujet de la constitution du collectif d’accueil des mineurs isolés. Puis un petit tour à une permanence et très vite ; « tu peux en accueillir un quelques nuits ? ». Et cela a duré 3 semaines et cela dure encore par un lien régulier avec lui, jeune très brillant et travailleur, curieux de tout ce qui se passe chez nous. Puis, quelques jours plus tard, une amie retrouvée par hasard au sein du collectif  me téléphone « toi et Jean vous ne pourriez pas en accueillir un pour deux ou trois nuits ? Il est dehors et épuisé. ». De trois nuits, cela a duré 4 mois avant que la juge le reconnaisse mineur et demande aux services de l’ASE de le prendre en charge…

Le lien dure toujours avec ces deux là, soit au cours de repas en famille réguliers chez nous avec nos enfants, grands et petits, soit des séjours en montagne, au sein d’une vie de famille du quotidien partagé. Mais surtout se soucier de ce qu’ils vivent : se battre pour faire intégrer le cursus général pour celui qui a d’excellents résultats scolaires et qui peut aller loin dans les études ; préparer des dossiers et attestations pour la confrontation avec la juge des enfants ; se soucier de leur état physique et psychique et prendre les rendez-vous nécessaires, voire les accompagner ; soutenir celui qui a une OQTF et organiser sa défense avec l’avocate, etc. Rien d’extraordinaire mais, pour eux,  une confiance qui se construit petit à petit, une présence, un fil continu, des points d’appui : « c’est ce qui donne confiance » (dixit M.).

Pour nous, une richesse de vie familiale, toujours très joyeuse avec les enfants, pour qui la présence de ces adolescents est une évidence, aussi complexe que ce soit parfois…

C’est comme cela que je me retrouve au sein du collectif, toujours profondément intéressée par les débats aussi difficiles soient-ils parfois. Jean accompagne à sa manière toutes les démarches. Il n’est pas possible en tant qu’humains, en tant que citoyens de laisser des adolescents à la rue, en proie à toutes les violences, tous les prédateurs, Cela bouscule dans la tête, mais c’est tellement vivant.