“Se sentir colibri…” – Pascale & Hélène2019-02-10T11:28:26+00:00

Project Description

“Oui, on peut s’y mettre, même modestement, il suffit de commencer par héberger une personne isolée, pour que tout change”

Pascale & Hélène
60 ans – Employée à la Direction Régionale des Affaires Culturelles
61 ans – Comédienne, chanteuse et metteure en scène

Pascale et Hélène font partie d’une boucle d’hébergeurs au sein de l’association L’Appartage.
Elles sont mariées et n’ont pas d’enfants.

Pascale : Depuis de nombreux mois, un ras-le-bol qui monte et qui devient insupportable.
Ras-le-bol de l’inertie, ras-le-bol de la mauvaise foi, voire de la malveillance, de la plupart des collectivités territoriales et des gouvernements européens (et français en particulier), par rapport aux migrations et aux migrants.
Ras-le-bol de ces visions électoralistes à courte vue qui manquent de réalisme et d’ambition humaine.
Ras-le-bol de voir des personnes à la rue, des personnes traquées et expulsées.

Hélène : Depuis des années, la honte face à la si grande disparité des moyens dont chacun dispose pour vivre dans nos sociétés dites « évoluées ».
La honte et l’incompréhension devant un tel manque de partage, d’entraide et de solidarité entre nous tous humains, l’incompréhension devant l’absurdité avec laquelle les pouvoirs publics agissent face à l’accueil des migrants.
La honte de voir tant de gens qui dorment dans la rue, adultes, enfants.
La honte devant ces expulsions inhumaines…

Pascale : Depuis de nombreux mois, l’envie de résister qui grandit et qui devient irrésistible.
L’envie de faire ma part, en toute modestie.
L’envie d’affirmer l’humanité, la fraternité, la tolérance, la bienveillance…
Montrer que non, la France n’est pas qu’un pays replié sur lui-même dans son égoïsme.
Montrer que oui, il est possible d’accueillir des personnes qui en ont besoin.
L’envie du partage.
Pour que vive l’espoir d’une société meilleure…
Parce que ça fait chaud au cœur de mettre quelqu’un au chaud…
Parce que les petits ruisseaux font les grandes rivières…

Hélène : Depuis toujours, la nécessité de participer à un monde juste, généreux, joyeux, partageur.
Depuis longtemps, le besoin de trouver des idées, des solutions pour que ça change, et de les mettre en pratique
Me sentir colibri…

Pascale : Le déclic dans notre rencontre avec l’Appartage ?
L’installation du squat des jeunes migrants au collège Maurice Scève, à la Croix-Rousse, à Lyon.
Pas trouvé assez de disponibilité pour m’engager sérieusement dans l’organisation et le fonctionnement du squat, malgré tout l’intérêt que je lui porte…
En revanche, la proposition de l’Appartage de devenir hébergeuse correspondait mieux à la vie que je mène. Le moment était donc venu de faire quelque chose…

Hélène : L’Appartage m’a montré que oui, on peut s’y mettre, même modestement, qu’il suffit de commencer par héberger une personne isolée, pour que tout change : rencontrer l’autre, partager avec l’autre, se rendre compte qu’on peut agir à son rythme, avec ce que l’on est, ce que l’on a, même si c’est peu, et les retours sont tout de suite immenses.
J’ai de la gratitude envers ces « inventeurs » de l’Appartage qui me permettent de vivre cette expérience si enrichissante.