“Nous les aidons pour leur travail scolaire, nous jouons, nous découvrons, nous rions” – Frédérique2019-01-28T18:54:03+00:00

Project Description

“J’ai tout de suite adhéré au principe de « boucles » qui nous permet d’accueillir mais sans que ce soit trop lourd.”

Frédérique (Marcy-l’Etoile)
57 ans – Fonctionnaire à la Ville de Lyon

Mon nom est Frédérique. J’ai 57 ans et je suis fonctionnaire à la Ville de Lyon. Je vis en couple avec Alain qui a 56 ans et est technico-commercial. Nous avons 2 filles adultes et 2 petites filles.  Nous habitons à Marcy-l’Etoile dans une maison.

Depuis très longtemps, politiquement engagés, nous étions outrés par la position de la France et de ses institutions dans la gestion des migrations et des migrants. Tout en militant pour une autre politique migratoire et pour que l’Etat applique le droit en la matière, nous souhaitions prendre une part active dans l’accueil de ceux qui ne sont pas pris en charge pour leur permettre d’accéder dignement à leurs droits et de se poser dans leurs parcours toujours très éprouvants.

Cependant travaillant tous les 2 à plein temps, nous n’avions pas la disponibilité ni les connaissances nécessaires pour accompagner complètement une ou plusieurs personnes, et nous souhaitions agir au sein d’un collectif pour pouvoir échanger sur les problématiques qui pouvaient se présenter.

Nous avons rencontré Maël et Gabriella à une manif de soutien à l’amphi Z en décembre 2017 et avons participé à la première réunion où ils ont présenté le projet de l’Appartage. J’ai tout de suite adhéré au principe de « boucles » qui nous permet d’accueillir mais sans que ce soit trop lourd (pour notre part nous accueillons 2 soirs par semaine), et nous permet d’échanger avec les autres accueillants. Le rôle de coordinateurs joué par Maël et Gabriella est aussi primordial puisqu’il nous permet de résoudre collectivement les problèmes, s’il y en a. De même la prise en charge des jeunes par l’AMIE pour leur démarches est précieuse. C’est bien toute cette chaîne qui fait qu’aujourd’hui nous nous apprêtons à accueillir avec enthousiasme le 4ème jeune.

Que dire si ce n’est que les rencontres tant au sein de l’Appartage, mais aussi avec d’autres structures impliquées dans l’accueil des migrants et également avec les jeunes accueillis, sont fortes et enrichissantes. J’espère que les jeunes que nous accueillons trouverons chacun leur voie et que nous aurons participé  à leur chemin vers l’autonomie et l’émancipation.

Nous essayons de les intégrer à nos vies : nous les présentons à nos familles et amis, nous leurs faisons partager nos activités lorsque c’est possible. Nous les aidons pour leur travail scolaire, nous jouons, nous découvrons, nous rions. Tout se construit au fil du temps et des envies.

La fin d’un accueil est à la fois une victoire et parfois le début d’une autre forme de lien dont les jeunes ont besoin pour continuer à grandir.

Bien qu’engagée politiquement comme je l’ai dit en introduction, nous ne sommes pas à l’Appartage pour faire de l’entrisme, du prosélytisme ou de la récupération. Nous y sommes au même titre que les autres accueillants. Mais nous l’avons dit à Maël et Gabriella dès le début pour que les choses soient claires. Nous militons donc politiquement parce que le but n’est pas de se substituer aux pouvoirs publics, mais que le contexte législatif, juridique et administratif permette un jour que chacun puisse partir d’un pays et y revenir quelles que soient ses raisons. Qu’il puisse le faire en toute dignité et sécurité sans se retrouver la proie de tous les trafics et de toutes les violences, et plus encore pour que la mobilité internationale puisse être un choix et non une fuite imposée de conditions de vie insupportables.