“Je suis heureuse d’être juste là pour les soutenir un peu” – Françoise2019-01-28T18:23:17+00:00

Project Description

“J’accueille en continu, et depuis peu « en boucle », des jeunes africains isolés sur le territoire français depuis fin février 2018.”

Françoise (Lyon)
61 ans

Bonjour
Je m’appelle Françoise, j’ai 61 ans bien tassés, je vie seule, enfin je vivais seule ! J’accueille en continu, et depuis peu « en boucle », des jeunes africains isolés sur le territoire français depuis fin février 2018.
Je suis traversée depuis longtemps par l’idée de participer à l’amélioration de l’hébergement de SDF, mais c’était compliqué, mon appartement était petit.
Depuis longtemps, je connaissais aussi cette problématique qui me révoltait. Des familles, des jeunes mineurs dormaient dans la rue. Comment peut-on en France, pays riche, laisser dormir des jeunes dehors en plein hiver, des jeunes qui ont traversés l’enfer ? Mais je travaillais et je n’arrivais pas à combiner les deux. Un long arrêt de travail m’a permis de me jeter à l’eau, non sans une certaine appréhension, je dois reconnaître, mais avec tellement de cadeaux en retour…
J’avais plutôt prévu d’héberger un jeune adulte, indépendant, dans mon petit bureau de travail par le biais d’une association. Et j’attendais… Et ce sont deux jeunes mineurs qui se sont présentés  via le collectif des étudiants, qui a fait un travail d’accueil extraordinaire, soit dit en passant ! Nous nous sommes adaptés, adoptés, les uns, les autres, cahin, caha ! A la guerre comme à la guerre, mais avec toujours beaucoup d’humour, de patience et de respect, et parfois beaucoup d’émotions. Leurs histoires sont terribles et les déchirent. En même temps quelle force les anime pour continuer à affronter les difficultés. Je suis heureuse d’être juste là pour les soutenir un peu.
Au bout de quelques jours, K me demande : « tu voudrais être ma famille d’accueil ? » Je ne m’y attendais absolument pas, mais il fallait répondre ! Je bafouille sans ménagement un non abrupt et maladroit : ce qui est important pour moi, c’est que personne ne dorme dehors ! K, malgré son besoin de stabilité, comprend, mais j’imagine le chemin à faire pour l’accepter…. Il est maintenant en foyer, fait un CAP, son compagnon de galère, est plus en difficulté, je continue à échanger, avec eux et tous les autres, à suivre leur parcours, pour certains bien chaotiques, entourée par de nombreuses personnes solidaires et compétentes, condition impérative de l’accueil !
Hier S m’a dit qu’il allait peut-être quitter Lyon pour un ailleurs car ici la situation est trop compliquée. Ils ont des histoires qui les déchirent et déchirent leurs amitiés à peine créées…
Un des rêves de K, est de me faire découvrir son chez lui, je le partage !