“Accueillir est une manière pour moi de redonner un sens à ces notions de partage et d’entraide” – Benjamin2019-02-02T12:10:57+00:00

Project Description

“L’accueil se fait inévitablement dans les deux sens et les relations n’en sont que plus belles et sincères.”

Benjamin
21 ans – Etudiant Master en Anthropologie

Voilà maintenant plus d’un an que j’ai fait le choix d’ouvrir les portes de mon appartement à ceux que l’on appelle « mineurs isolés étrangers ».

Toute cette histoire commence par un engagement bénévole et la volonté d’aider des jeunes dans la galère, encore un peu hésitant face aux réalités qu’ils doivent affronter.
A la descente d’un train, dans l’espoir que s’achève un terrible parcours, le rêve d’une France « accueillante » s’amenuise.
Subir la mise en place d’une politique anti-migratoire, être contraint de se justifier d’une minorité (à défaut d’une identité), résister à la rue, au froid, à la solitude et l’exclusion.
La violence n’est plus celle connue au pays, sur la route du désert ou en Libye. Elle est tout autre mais néanmoins marquante et destructrice.

Accueillir, devenir « un accueillant » est une manière pour moi de redonner un sens à ces notions de partage et d’entraide.
Car à côté de toutes ces procédures compliquées, il convient de ne pas oublier le reste.
Je refuse que ces jeunes pensent à un moment perdre espoir envers l’autre ou leur avenir. Vivre ensemble sous un même toit est peut être un moyen d’y remédier.
Par le plaisir de faire l’expérience de quelques simples moments, comme une pause, une accalmie, un lieu de vie auquel s’accrocher.

Aujourd’hui, alors que je m’absente plusieurs mois pour mes études, je pense non sans émotion à tous ces jeunes avec lesquels j’ai partagé un quotidien.
A ces repas bien souvent trop pimentés, à toutes ces belles incompréhensions linguistiques, à ces musiques qui nous rassemblent, à cette confiance partagée et ces découvertes à n’en plus finir.

L’accueil se fait inévitablement dans les deux sens et les relations n’en sont que plus belles et sincères.

Je ne remercierai jamais assez tous ces jeunes, comme autant de frères, qu’il m’impatiente déjà de retrouver à mon retour, qu’ils soient ici ou ailleurs.